[ Auteur Adrian Trasca ] [ Lien images: http://www.operanationala.ro/poze/poze.php?id_categ=15&nume_categ=wuppertal---tosca ]
 La traduction du titre serait "Tosca noire à l`Opéra de Wuppertal " et je ne l`ai pas écrit à juste titre parce que je serais un connaisseur de la langue germaine - je suis sûr qu`il est correct - mais parce que j`ai un ami "allemand". Ou, mieux dire, un roumain parti de l`enfance en Allemagne, de sorte que j`aie aucun doute en ce qui concerne la correction du titre dans la langue "wuppertalienne". :-)
C`est aussi lui-même qui m`a présenté la ville, Wuppertal, petite, tout comme Craiova comparativement à la population, mais plus étendue comme superficie, construite sur une longue bande de terre, qui passe parmi des collines à côté de la rivière Wupper, de telle manière qu`où tu te trouves dans la localité, tu sois jusqu`à quelques minutes d`un lieu vert, qu`il soit une colline, parc ou même forêt.
La ville se trouve au nord-ouest de l`Allemagne, à une cinquantaine kilomètres nord distance de Koln, mais dans la métropole du bassin Ruhr duquel il fait aussi partie. La région Rin-Ruhr c`est la cinquième la plus grande agglomération urbaine de l`Europe, avec 12 millions d`habitants après Moscou, Londres, Madrid et Paris.
Le principal objectif touristique de Wuppertal c`est le Schwebebahn, un moyen de transport local spécifique pour cette région, monorail, qui circule "pendu" - une sorte de métro/ train suspendu, dont la route, la plupart de ses 13 kilomètres qu`il a, se trouve au- dessus de la rivière qui traverse la ville. Le Schwebebahn c`est le moyen de transport le plus ancien du monde de ce type et il ne peut pas être trouvé dans beaucoup de lieux sur Terre!
C`est à Wuppertal aussi le fameux Jardin Zoologique et la ville est connue tout comme être le lieu de naissance du Friedrich Engels, populaire grâce à ses théories communistes. Il y a un musée réalisé dans sa maison que lui est dédiée mais, en dehors de cela, le bourg n`a rien typique au communiste soviétique même si son profil soit un profil industriel.
C`est assez nouvel comme bourg, ses origines datant de 85 années (1929 plus précisément) lors de l`union de sept petites villes Barmen, Elberfeld, Vohwinkel, Ronsdorf, Cronenberg, Langerfeld et Beyenburg. A l`origine, la ville s`appelait Barmen-Elberfeld, et ce qui est très intéressant c`est que cette dénomination a été choisie par ses habitants par le biais d`un référendum, nom qui signifie "La vallée de Wupper" c`est à dire de la rivière qui traverse la ville.
Donc... Nerrrra Tosca! :-)
Récemment, j`ai écrit au sujet de ne pas juger selon les apparences, de ne pas donner un avis sans avoir des dates concernant la situation réelle. Chez Wuppertal, les choses se sont déroulées d`une manière semblable, mais cette fois-ci j`ai évité dès le début de subestimer. Le bâtiment de l`Opéra n`était pas remarquable et pas trop grand, mais le spectacle vu là, Tosca, c`était bien sûr intéressant, et la caractérisation devient plus intéressante du moment que je ne suis pas un partisan de ce genre.
Le premier acte, l`église Sant`Andreea della Vale de Rome, symbolisée par une croix immense, noire, peut être par carton, mais qui à l`air du bois, placée au milieu de la scène, la tête en bas, un peu penchée comme pour trente dégrées! Ce qui était très fascinant pour moi, c`était le symbolisme, parce que les actions qui se sont déroulées après dans l`église étaient elles-mêmes inadaptées si on pense qu`on se trouvait dans un lieu de culte, tant Mario caressait les fesses et les cuisses de Tosca que ce que Scarpia fait dans la version authentique de la pièce, l`utilisation de l`éventail au but habituel et pas seulement.
Le décor était noir, tout comme la croix. Le rideau, le plancher (ciré), les murs latéraux (qui avaient quelques étagères sur lesquelles se trouvaient, çà et là, quelques bougies) tout a été noir. Angelotti, Mario, le bedeau, Scarpia, ses soldats, tous étaient habillés en noir, seulement Tosca, à côté son costume business noir et un chapeau aussi noir, la forme chinoise, avait des gants rouge foncé. Le chapeau lui a couvert le visage pour quelques instants ce qui me fit penser au début si la régie va permettre la vue de son visage ou si elle allait rester anonyme pour tout le reste du spectacle, ce qui aurait été dans la même mesure intéressant que frustrante.
La chapelle de Angelotti a fait le contraste par...absence. Elle était représentée par une trappe dans le plancher et par une lumière blanche qui s`entrevoyait lorsque la porte de "la chapelle" était ouverte.
La chorale "Te Deum" était composée par des femmes blondes, vêtues en maron foncé. À côté, une armée de papes habillés en maron et les hommes - bien sûr en noir :-), mais les visages peintes en blanche - étaient dans les balcons latérales du premier étage. Je me suis toujours imaginé "une participation" des personnages parmi les spectateurs et c`est ici que j`ai vu ce que j`ai tellement désiré, très bon par ailleurs, ce qui nous fait penser et sentir que la musique nous entoure par tous azimuts.
"Va, Tosca! " La scène modulaire se tourne en rond, Tosca y marche avec la même vitesse, mais elle a l`air d`être immobile, Scarpia deux mètres en arrière, les bras tendus pour l`embrasser. En fin de la pièce, Tosca disparaît par la trappe du plancher, et la chorale interprète le moment glorieux "Te Deum ".
Après le premier acte, la cortine tombe. Noire, comme on a déjà noté par hasard au début et que je souligne maintenant, grâce à la régie.
Le deuxième acte. Dans le Palais Farnesse c`est aussi le noir qui domine, le décor reste tel quel, mais la croix du milieu de la scène est remplacée par un bureau qui occupe trois quarts de la scène. Mario vient menottes aux poignets, Scarpia a un fusil, mais ces détails sont d`ores et déjà banals. Tosca, une pèlerine rouge, longue, parfaite pour le mettre en évidence juste comme je m`imaginais dans la pause. Elle renonce à sa pèlerine et reste en noir devant un Scarpia aussi noir, même à son maillot de corps, mais qui, dans sa tentative de noircir la réputation de Floria, reste le buste nu.
Tosca tire Scarpia - aussi aucune surprise - mais les gestes qu`elle a faits pendant qu`elle criait "Meurs! Meurs! ", c`est-à-dire qu`il lancerait de papiers de son bureau envers Scarpia, étaient parfaites.
Le troisième acte a eu un montage très intéressant, tant le début, mais plutôt vers la fin. La scène tourne en rond très lent et au-dessus, çà et là, se trouvent les prêtres qui ont chanté le Te Deum dans le premier acte, les hommes de Scarpia, et Tosca qui se promène parmi eux. À droit, une jeune femme toute nue, avec une couronne des épines et avec un bouquet de branches qui lui couvre les parties… les plus intéressantes, interprète un fragment de musique triste.
La scène tourne en rond, et tant les prêtres que les hommes de Scarpia la regardent, elle a peur mais continue son chanson, Spoletta se rend vers elle "en vide" sur la scène rotative. Mario aussi arrive et le soldat qui l`accompagne, peu à peu les prêtres disparaissent dans les ténèbres, disparaît aussi les autres, "E lucevan le stelle" s`entend, disparaît la fille aussi, uniquement Mario et le soldat restent - habillés bien sûr en noir. Dans le même temps, du haut en bas descendent des bêtes, à une distance d`environ un mètre au-dessous de leur tête, tout en occupant plus d`une demie de la partie supérieure de l`image, et qui y restera jusqu`à ce que Tosca vienne et libère Mario.
La scène finale... tout à fait surprenante. Après l`assassinat de Mario, Spoletta vient avec ses hommes pour capturer Tosca. Elle court à l`arrière de la scène, là, elle s`arrête devant une brèche comme une porte éclairée en blanche, la seule tache dans le grand mur noir.
"O, Scarpia, avanti a Dio! " et le grand et noir mur tombe devant dans une grenouille dense et une lumière blanche, en les tuant Spoletta et les siens! Derrière, un autre mur reste brisé par une grande rupture, comme après une grenade, et Floria Tosca marche lent et triomphante à travers, pendant qu`une manteau blanche apparaît sur ses épaules!
Chef de musique: Toshiyuki Kamioka
Régisseur: Stefano Poda
Les Chorales: Jens Bingert
Floria Tosca: Mirjam Tola
Mario Cavaradossi: Xavier Moreno
Baron Scarpia: Mikolaj Zalasinski
Angelotti: Greg Ryerson
Mesner: Dieter Goffing
Spoletta: John Gray
Sciarrone: Ianuarie Szurgot
|